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La circulation océanique – En savoir plus

L’upwelling, cette si précieuse remontée des eaux

Anticyclone, dépression, perturbation… Certains mots sont bien connus dès lors que l’on évoque la météo. Il en est un, cependant, que l’on n’emploie quasiment jamais mais qui revêt pourtant une grande importance en terme de météorologie : l’upwelling ou la remontée des eaux. Un mécanisme qui joue un rôle essentiel dans plusieurs domaines dont, par exemple, les variations de la température de l’eau. Qui est-­‐il, l’upwelling ? Comment se concrétise-­‐t-­‐il ? Quelles conséquences a-­‐t-­‐ il au niveau du temps et de l’environnement ?

Pour visualiser l’upwelling, il faut songer à un fort vent amenant de l’air froid et soufflant le long de la côte sur la surface des mers et océans, là même où la température de l’eau est assez chaude. Les courants chauds présents au bord des côtes sont alors brutalement chassés vers le large, laissant ainsi un vide que viennent combler les eaux de fond, plus froides. Et c’est ainsi que la température de l’eau chute sensiblement.

Mais l’upwelling joue aussi un rôle essentiel sur l’environnement. En permettant la remontée des courants froids, riches en nutriments. Ce sont les sels minéraux dont dépend le développement de la faune maritime qui prennent possession de la surface de l’océan. Dans les faits, aux endroits où certains upwellings sont bien connus (mer d’Arabie, côte californienne, certaines côtes africaines…), les résultats sont éloquents : la mer y est plus froide, mais aussi plus riche en phytoplancton. Et qui dit phytoplancton dit animaux marins. Et donc, chaîne alimentaire. Un upwelling produit ainsi une sorte d’îlot de vie, absolument nécessaire pour certaines espèces en migration comme les baleines.

Le cap Leeuwin, ce méconnu célèbre

Traditionnellement, un tour du monde à la voile connaît quelques passages obligés. Parmi eux, trois caps, dont deux font l’objet d’histoires et de légendes : le cap Horn et le cap de Bonne-­‐Espérance. Mais il y en a bien un troisième, plus méconnu, qui marque pourtant la dernière grande étape dans les mers du sud : le cap Leeuwin, séparant l’océan Indien du Pacifique et marquant le début de l’Antarctique. Il est situé au sud-­‐ouest du continent australien et un phare, le phare du cap Leeuwin, dressé à l’extrême pointe du cap, à proximité de la ville d’Augusta, aiguille les marins. En effet, à l’image de n’importe quel cap, le Leeuwin promet des conditions de navigation qui peuvent s’avérer dangereuses : la mer y est croisée, la houle longue et les vents assez forts.

Pour la petite histoire, il doit son nom à un galion hollandais dont le capitaine commit une erreur de navigation et découvrit le cap en 1622. Il le baptisa Leeuwin ( » Lion  » en néerlandais), du nom de son bateau.

Le cap Horn, c’est l’histoire d’un mythe

Le football a ses stades et ses stars, la voile a ses marins et ses caps. Et parmi ces derniers, elle en compte surtout un… Le cap Horn, mythe de tous les mythes, légende parmi les légendes. Il est considéré comme le point le plus austral de l’Amérique du sud, situé tout au bout de l’archipel chilien, là où le monde s’appelle « Terre de Feu ».

Craint autant qu’admiré, le cap Horn est un héros à part entière lors de chaque traversée océanique. Sa légende s’écrivait déjà au XVIIIème siècle, au temps des grands clippers à l’assaut de « la route de l’or ». Naufrages en pagaille, récits maritime ahurissants, le Horn est un monument aux multiples surnoms. Les marins l’appellent le « Dur », le « Redouté », le « cap des tempêtes », et tout cela semble bien justifié : 200 jours de tempêtes par an, des brumes à couper au couteau, des mers démontées, fruits de l’accélération des vents et de l’irrégularité des fonds marins passant rapidement de 4000 mètres à 400 mètres, le cap Horn sonne comme le graal des marins, sa falaise noire qui surplombe les mers indiquant aux skippers que oui, ils y sont : ici, débute le « bout du monde ».

Evidemment, les concurrents du Vendée Globe le connaissent comme leur poche puisqu’il figure au menu de la course avec les caps Leeuwin et Bonne Espérance. Le passer, c’est savoir que l’on remonte vers « la maison », savoir que l’on a triomphé des Quarantièmes Rugissants et autres Cinquantièmes Hurlants, que les terribles latitudes australes ne sont désormais plus qu’un souvenir. « Un cap Horn, cela se mérite », disait Loïck Peyron. Tout est dit.

Le courant de Humboldt : courant froid, cœur chaud

Parce qu’il longe les côtes du Chili, de l’Equateur et du Pérou, le courant de Humboldt est aussi appelé, justement, courant du Pérou. Sa particularité ? Etre une partie du courant froid qui se dirige d’ouest en est dans l’océan Austral. Résultat : il rafraîchit la température de l’eau en surface de 5 à 10°, et ce même près de l’équateur ! C’est un courant qui a de grandes conséquences sur le climat, la faune et la flore de la région.

Ainsi, venant d’Antarctique, le froid courant de Humboldt maintient-­‐il une zone de haute pression sur le Pacifique avec pour conséquence d’empêcher l’arrivée des pluies. Une forme d’aridité qui trouve sa manifestation dans le désert côtier qui s’étend du Pérou au Chili, une zone où la pluviométrie annuelle n’atteint que quelques millimètres seulement… Surtout, cette eau froide dont est constitué le courant de Humboldt ne va pas sans conséquence sur l’environnement. Un phénomène qui tient un peu du cercle vertueux. Explications. L’eau froide entraîne avec elle nitrates et phosphates issus des fonds marins. Ces nitrates et ces phosphates nourrissent alors le plancton végétal (phytoplancton) qui se multiplie alors rapidement, favorisant le développement du zooplancton. Or, le zooplancton sert de nourriture aux poissons qui eux-­‐mêmes se développent et prolifèrent, profitant ainsi aux pêcheurs et autres oiseaux marins.

A noter que de temps en temps, le courant faiblit et des vents du nord entraînent alors l’eau chaude vers le sud. Le courant de Humboldt s’en trouve submergé. Le phénomène est bien connu et porte le nom d’« El Niño » (L’Enfant en espagnol, en référence à l’enfant Jésus), en rapport avec cette période de Noël où il se déroule. Il va sans dire que les conséquences sont alors catastrophiques autant pour les pêcheurs que pour les oiseaux marins…

Le Gulf Stream, régulateur de climat

Grand courant océanique chaud de l’Atlantique nord, le Gulf Stream se forme au niveau du golfe du Mexique où les eaux sont plutôt chaudes, et plus particulièrement dans la mer des Caraïbes. Pour être tout à fait précis, il est issu de la fusion du courant de Cuba et du courant du nord équatorial. Il est d’une largeur variable mais c’est entre Cuba et la pointe de la Floride qu’il est le plus grand. C’est un courant qui « voyage » entre 100 et 150 kilomètres par jour, partant de l’Amérique Centrale et se terminant vers l’extrême nord de la Norvège et les côtes du Portugal. Sa température oscille entre 30 et 35°. La grande particularité du Gulf Stream étant sa capacité à réchauffer les climats de l’Europe Occidentale. Ainsi est-­‐il connu pour réchauffer l’ouest du Royaume-­‐Uni, l’Espagne et une petite partie des côtes de l’Islande et de la Norvège. Les régions de la côte atlantique française, au premier rang desquelles la Bretagne, bénéficient aussi de son rôle. Il pourrait être la cause d’hivers doux pour chacune de ces zones, dans le sens où il agirait comme un stabilisateur des courants froids. Une chose est sûre, néanmoins : le Gulf Stream joue un rôle primordial dans l’équilibre climatique.

 

Sur le même sujet, découvrez notre vidéo La circulation océanique.

 

Des forêts sous la mer – En savoir plus

Attention aux plantes des prairies marines !

Les herbiers marins jouent un rôle majeur dans les écosystèmes des proches rivages marins de tous les continents, excepté l’Antarctique. Ils sont pourtant en régression presque partout dans le monde, à cause du chalutage des fonds, des ancres de bateaux de pêche ou de plaisance, de l’extension des ports et de l’activité portuaire, ou par asphyxie suite à l’envasement. Ceux de l’Atlantique Nord n’échappent bien sûr pas à cette réalité. Ils sont, eux aussi, denses, se trouvent dans peu de profondeur sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique, et peuvent être comparés à des prairies terrestres. Ces herbiers marins sont pourtant appelés ingénieurs d’écosystèmes, car ils créent, en partie, leur propre habitat. Les feuilles ralentissent le courant et les racines de ces plantes stabilisent le fond marin. Ces herbiers abritent également diverses espèces associées, des poissons juvéniles et adultes, des algues macroscopiques ou microscopiques. Ils fournissent des abris à ces espèces, mollusques compris. On peut également dire que ces herbiers apportent au littoral un certain nombre de biens et services écologiques comme, par exemple, l’enrichissement des zones de pêche, ou encore une protection mécanique contre les vagues, ce qui limite l’érosion côtière.

 

Les forêts de Kelp, algues géantes sous la mer

Elles protègent la faune, la flore, les rivages, et sont menacées par les activités humaines. Elles, ce sont les algues géantes qui grandissent sous les eaux, formant ce que l’on appelle les massifs de Kelp. Pour les plus vivaces, ces macro-­‐algues mesurent jusqu’à 60 mètres et poussent d’une soixantaine de centimètres par jour. Leurs zones de prolifération préférées ? Les endroits riches en nutriments qui fleurissent le long des côtes du Pacifique, de l’Alaska, de la Californie, mais aussi dans les régions australes que sont l’Australie, la Nouvelle-­‐Zélande, le Chili. Comme dit plus haut, les forêts de Kelp hébergent une faune et une flore très variées et limitent, dans le même temps, l’effet des courants marins, protégeant ainsi les rivages de l’onde marine. En leur fond, coquillages, oursins, bancs de poissons trouvent un abri face à leurs prédateurs respectifs. C’est le cas de la loutre de mer, par exemple. Elle s’enroule dans les feuilles des algues et échappe à la violence des courants marins et des tempêtes. Le summum étant pour elle d’y retrouver ces oursins dont elle est friande, eux-­‐mêmes brouteurs d’algues géantes. Or les forêts d’algues de Kelp sont actuellement en déclin ; une réduction qui impacte forcément la population des loutres, et des oursins.

De nombreuses activités humaines seraient à l’origine de la disparition des forêts de Kelp parmi lesquelles la surexploitation des forêts sous-­‐marines. Utilisées comme engrais ou biocarburants, les algues géantes sont aussi source d’agar, cet extrait d’algue vanté pour ses nombreuses qualités (iode, vitamines…) dont les industries cosmétiques ou pharmaceutiques se délectent.

 

Sur le même sujet, découvrez notre vidéo « Des forêts sous la mer ».