L’œil d’Hervé Borsier de la RTS sur Bernard Stamm

Il est l’un des journalistes suisse qui connaît le mieux Bernard Stamm pour l’avoir suivi sur ses deux éditions victorieuses d’Around Alone et sur tous ses Vendée Globe. Aux Sables d’Olonne, avant le départ, il a eu l’occasion de s’entretenir longuement avec le skipper vaudois. Journaliste radio à la RTS (Radio Télévision Suisse), Hervé Borsier nous parle du marin en lice pour un nouveau tour du monde.

Depuis combien de temps connaissez -vous Bernard Stamm ?

« Je vais dire depuis toujours, parce que quand il était ici pour son premier Vendée Globe avec ce bateau construit de ses mains, j’étais là. C’était mon premier Vendée Globe. Nous avons démarré ensemble sur cette course. Quand on a fait connaissance avec lui, il avait très peu de temps à consacrer à la presse parce qu’il était très pris par son bateau. Bernard est un personnage très attachant, quelqu’un de vrai. Avec lui tout est simple. Pour nous en radio, il a un côté très sympa, drôle parfois.

Quels sont vos grands souvenirs avec lui ?

« Je me souviens de sa première victoire sur Around Alone, à Newport. On est parti de nuit, dans le noir pour le voir arriver. C’était extraordinaire. On était content pour lui qu’il gagne quelque chose, parce que c’est important dans le palmarès d’un navigateur. Je me souviens encore de lui entrain de manger un superbe steak et de l’avoir déranger pour faire un direct. Et puis il y a eu la deuxième victoire à Bilbao. C’était encore plus génial sur le plan personnel parce que j’ai pu accompagner son amie, faire une interview avec elle sur les soirées qu’elle passait à ne pas dormir. On est allé ensemble jusqu’au bateau de Bernard et j’ai pu monter à bord juste après la ligne d’arrivée pour faire un reportage. Il y avait juste un autre caméraman. J’ai vécu ça à ses cotés et pour nous, pour la radio, de faire vivre ça à travers sa compagne, toute cette arrivée, ce qui s’est passé sur le bateau et après, c’était extraordinaire. Derrière je n’ai pas dormi de la nuit et on a fait un super sujet, que j’ai conservé et que j’ai encore écouté dernièrement.

Que vous inspire son engagement sur une course comme le Vendée Globe ?

« C’est fascinant parce que je ne me verrai absolument pas faire ce qu’il fait. Ca parle aux gens. C’est assez extraordinaire. C’est une belle aventure.

Comment l’avez-vous trouvé avant le départ ?

« Il est fit ! On sent que le travail physique qu’il a fait est très important et c’est essentiel compte tenu de son nouveau bateau qui est plus dur et puissant. Ce qui m’a frappé également c’est sa décontraction. Je pense qu’il ne s’est jamais préparé comme il l’a fait pour cette fois. Il a un des bateaux les plus récents de la course, il a de réelles chances d’être sur le podium. C’est un grand outsider. Je l’ai trouvé encore plus à l’aise avec nous journalistes. Il a progressé et c’est normal, on le fait tous. Je l’ai trouvé vraiment très bien, toujours très intéressant dans les interviews qu’il a pu donner et qu’il donne.

Comment les Suisses perçoivent-ils le Vendée Globe ?

« C’est la fête pour les Suisses ! Je crois qu’ils sont très intéressés par le Vendée Globe parce que ça leur parle. C’est resté une grande aventure. En Suisse on a beaucoup de respect pour les navigateurs parce qu’on sait que c’est difficile. On sait que ce ne sont pas forcément des sportifs qui ont énormément d’argent et qu’ils investissent beaucoup de leur temps. J’ai croisé beaucoup de Suisses au départ du Vendée Globe aux Sables d’Olonne, qui étaient là juste pour l’évènement. Le lac Léman est vraiment un laboratoire pour la voile. Au départ les Suisses sont des marins d’eau douce sur leur lac, mais on a vu qu’à travers Pierre Felhmann, la Coupe de l’America et Ernesto Bertarelli, Dominique Wavre et avec Bernard, que nous avions des navigateurs qui avaient une autre formation. Ils ont prouvé qu’ils étaient tout à fait capables de rivaliser avec les Bretons et ils sont adoptés en France. Ca fait rêver les gens ! »