Les TAAF, sanctuaire de la biodiversité

Les terres australes françaises, sanctuaire à ciel ouvert

Depuis 1955, on les appelle les Taaf, pour Terres australes et antarctiques françaises. En 2006, par décret, elles devenaient la réserve naturelle des terres australes françaises. Réserve naturelle ? Oui, et même la plus importante réserve naturelle de France. Un véritable sanctuaire.

Archipel de Crozet, Archipel de Kerguelen, Îles Saint-­Paul, Amsterdam, Eparses, Terre Adélie, ces terres composent cette fameuse réserve naturelle et partagent toutes ce point commun: le climat si extrême qui y règne leur vaut d’être isolées et relativement protégées de l’homme. Un point fort qui leur a permis de conserver une biodiversité absolument inouïe. En effet, de par leur éloignement de toute activité humaine, faune et flore ont pu s’y développer, finissant par former un patrimoine biologique quasiment intact.

Les “Taaf” sont, aujourd’hui, les plus vastes terres émergées au sud de l’océan Indien. Elles sont en outre considérées comme un poumon pour l’ensemble des 36 espèces d’oiseaux (34 espèces marines, 2 espèces terrestres) qui y ont trouvé refuge. Parmi elles, deux sont menacées d’extinction à des degrés divers. L’une d’elles, l’albatros d’Amsterdam, dont les représentants sont estimés à moins de 200, serait en “danger critique d’extinction”. C’est dire toute l’importance qu’il y a à poursuivre la préservation de ces terres australes. Au niveau marin, il faut aussi savoir que les eaux des “Taaf” hébergeraient un peu plus de 205 espèces de poissons.

L’Archipel Crozet, lui, abrite la plus vaste colonie mondiale de manchots royaux, tandis que les Kerguelen servent de refuge à une des plus importantes populations d’éléphants de mer au monde. Un peu plus loin des côtes, c’est même la seule population d’une sous-­espèce du dauphin qui y survit. Les otaries de Kerguelen et d’Amsterdam se reproduisent quant à elles sur les plages. Toujours est-­il que malgré le grand nombre de mesures prises pour assurer la pérennité de ce lieu miraculeux de sauvegarde de la biodiversité, certaines agressions bien identifiées viennent menacer la quiétude des “Taaf”: changements climatiques, polluants atmosphériques, mais aussi d’autres dangers résultant d’activités humaines passées et présentes. À méditer…