Le phytoplancton – En savoir plus

Ce plancton qui fait respirer la planète

Certes, le plancton peut être constitué de « gros » animaux. Néanmoins, de manière très générale, il est un ensemble d’organismes tellement microscopiques qu’une seule goutte de mer peut en contenir des milliers… Et puis, surtout, sans ce plancton, c’est toute la face de la terre qui serait changée. Et la vie qui n’existerait peut-­‐être pas. Pourquoi ?

On trouve du plancton dans la quasi-­‐totalité des zones aquatiques terrestres. Et ces zones aquatiques couvrent plus de 70% de la surface de la terre… Selon certaines études scientifiques, 98% de la biomasse des océans serait même le résultat de la concentration du plancton ! Et ces mêmes études ont prouvé quelque chose de crucial : plus de la moitié de l’oxygène sur terre serait produit par le phytoplancton, ce plancton végétal. En somme, à lui seul, ce phytoplancton fait bien plus et bien mieux que n’importe quelle forêt que l’on croyait, auparavant, à l’origine de l’air que l’on respire. En même temps qu’il produit de l’oxygène, le plancton absorbe aussi la moitié du CO2 présent dans l’air. Comment un tel miracle est-­‐il possible ? Par le biais de la photosynthèse. Ainsi, le phytoplancton, à l’image de toute plante, effectue-­‐t-­‐il cette opération particulière qui libère de l’oxygène. L’océan est de ce fait à la base du renouvellement de l’oxygène et du recyclage du dioxyde de carbone… Appelez-­‐le « poumon de la planète ».

Le plancton, un poids, des courants

Quelle est la grande particularité du plancton ? Qu’il soit constitué de végétaux ou d’animaux aquatiques, il dérive au gré des courants. Ces créatures généralement microscopiques, si elles sont capables de mouvements limités, sont néanmoins incapables de se déplacer à contre-­‐ courant. C’est d’ailleurs, en partie, ce qui les différencie aussi du necton, ces animaux capables, eux, de lutter contre le courant par la grâce d’une nage puissante (calmars, mammifères marins…).

Si la très grande partie du plancton est invisible à l’œil nu, il n’en demeure pas moins que les milliers d’espèces qui le constituent forment la majeure partie de la biomasse des organismes. Pour dire les choses simplement le plancton pèse, à lui seul, la quasi-­‐totalité du poids de tous les habitants de la mer réunis ! Une sacrée performance quand on sait que ces organismes végétaux et animaux ont des tailles qui n’oscillent finalement qu’entre 2 microns et quelques centimètres (voire quelques dizaines de centimètres, pour certains…).

Le phytoplancton, l’or vert ?

Il y a le pétrole, l’or noir. Et si, demain, il y avait le phytoplancton, l’or vert ? Des pistes intéressantes menant aux agro-­‐carburants sont en effet d’actualité, au moment même où les prix du baril de pétrole, s’ils semblent stagner, n’en demeurent pas moins très hauts. Parmi ces agro-­‐ carburants dont le rendement est meilleur que celui du tournesol ou du colza, on retrouve le phytoplancton, et, en particulier, un certain type de phytoplancton. Là où la graine de tournesol serait constituée de 0,1% de matière grasse, ce phytoplancton bien spécifique en produirait 20% et délivrerait une huile fortement énergétique. Tout cela passerait par une phase de culture de l’algue microscopique à l’intérieur de circuits d’eau exposés à la lumière solaire et en contact avec un air chargé de CO2, qui optimise sa croissance. Ce n’est qu’une fois arrivé à maturation que le phytoplancton serait récolté puis pressé de manière à en extraire cette huile riche destinée à fabriquer un biodiésel. Utopie ? Peut-­‐être pas. Certains scientifiques ont estimé qu’une seule « petite » surface de 52 000 km2 (1/10ème de la surface totale de la France) permettrait de produire 95 millions de barils de carburant par jour… Soit une production égale à la production mondiale de pétrole actuelle.

La spiruline, l’algue magique

Peut-­‐être plus que n’importe quelle espèce appartenant au phytoplancton, la spiruline, algue microscopique en forme de ressort, apparaît comme un petit miracle de la nature et des ressources marines. Aujourd’hui cultivée et commercialisée dans le monde entier en tant que complément alimentaire, la spiruline était déjà consommée par les Aztèques au XIème siècle. Elle se développe dans les eaux chaudes, riches en nutriments et peu profondes des zones tropicales et semi-­‐tropicales, là où la luminosité est importante. Et elle possèderait des propriétés nutritionnelles étonnantes, d’abord parce qu’elle renferme une grande quantité de protéines, de minéraux, de vitamines… En ce sens, elle est considérée comme un véritable concentré d’énergie : fer, vitamine B12, bêta-­‐carotène… Autant de qualités qui la rendent intéressantes pour les sportifs, par exemple, puisqu’elle favorise l’oxygénation des muscles tout en veillant au bon fonctionnement du système immunitaire.La spiruline aurait par ailleurs démontré de vrais effets anti-­‐cholestérol. Ainsi, un apport de spiruline dans le régime de personnes souffrant d’un fort taux de cholestérol et de tensions élevées contribuerait-­‐il à faire chuter de manière significative les taux précédents. Le tout par le biais d’une simple cure de huit semaines et sans changement dans le régime alimentaire des personnes concernées. Vous avez dit “magique” ?

Plancton et réchauffement climatique

A la base de la chaîne alimentaire des océans, le phytoplancton serait, selon certaines études, victime du réchauffement de la planète. Dans certaines régions du globe, sa quantité aurait chuté de près de 30%. Problème… Les régions tropicales et subtropicales semblent les plus touchées par ce risque de disette. En cause, le réchauffement général des océans. En effet, qui dit modification de la température à la surface de l’eau dit aussi modification du mouvement des océans. Oui, parce que les courants marins, normalement, remontent, des profondeurs vers la surface, une eau riche en nutriments. Or, le réchauffement climatique a pour conséquence de créer des écarts importants entre la température en surface et le fond des océans. Soit des densités d’eau qui diffèrent assez pour rendre la circulation entre elles plus difficiles. Dans les faits, le phytoplancton vit ainsi entre la surface de l’eau et une profondeur d’environ 200 mètres, là où la lumière est suffisante pour assurer le mécanisme de photosynthèse. Et, si les courants marins sont moins efficaces, le plancton n’a donc plus les nutriments nécessaires pour se reproduire… Un vrai danger quand on sait que toute la chaîne alimentaire dépend de lui. Autre souci que cette réduction planctonique pourrait engendrer : le phytoplancton absorbe plus de 100 millions de tonnes de CO2 par jour. Moins de phytoplancton signifie alors plus de CO2 dans l’air. Plus de CO2 dans l’air signifie hausse des températures. Hausse des températures signifie moins de phytoplancton… Le serpent se mord la queue. Et l’homme pourrait bien s’en mordre les doigts.

Le phytoplancton sous l’effet de la lumière

Présent en quantité massive dans les couches superficielles de la mer, le plancton végétal, ou phytoplancton, qui représente la base de la chaîne alimentaire des océans, garantit et supporte la production des ressources marines. Bernard Stamm surfera sur trois océans à l’occasion du prochain Vendée Globe 2012 et le mini laboratoire océanographique qui l’accompagne est équipé d’un appareil de mesure de fluorescence. Un Mini Lab, allégé version course, capable d’enregistrer diverses informations sur les algues microscopiques qui composent le phytoplancton. L’appareil dont le fonctionnement est basé sur un système optique, analyse, de manière autonome, l’eau de mer qui le traverse. Océanopolis, partenaire de cette expédition originale, espère que cet instrument permettra d’obtenir des données essentielles sur la répartition du phytoplancton dans des secteurs peu explorés de l’océan par les marins. Il pourrait aussi braquer le projecteur sur des problématiques de surveillance écologique. Sachons que la fluorescence permet également d’estimer la capacité des océans à émettre de l’oxygène et à fixer le CO2. Ne perdons pas de vue, non plus, que la pêche ou la surpêche ciblant des espèces (baleines par exemple) peuvent modifier la composition planctonique.

 

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