Le passage de Drake

Le passage de Drake, ce terrible endroit

Les marins ont souvent le sens de la formule. Au sujet de celui que l’on appelle le « Passage de Drake », du nom de Sir Francis Drake, explorateur britannique du XVIème siècle, un de ces hommes des mers disait tout simplement: «Une zone qui connaît parmi les pires conditions météorologiques maritimes de la planète». Voilà le tableau.

Il faut dire que d’après sa situation même, le passage de Drake cumule un bon nombre de paramètres pouvant expliquer sa légende: situé entre l’extrémité sud de l’Amérique du Sud et l’Antarctique, il est LE lieu de rencontre de trois océans (Austral, Atlantique, Pacifique). Au beau milieu de cette zone, se trouve aussi le front polaire qui, lui-­même, borde le puissant circumpolaire antarctique, ce courant par lequel transitent toutes les eaux des océans du globe… Excusez du peu.

En d’autres termes, et d’après certaines simulations numériques, ce fameux circumpolaire antarctique aurait un débit de 180 millions de mètres cube d’eau par seconde, soit 180 fois le débit de tous les fleuves réunis du monde! Finalement, le passage de Drake, s’il est le plus court chemin pour rejoindre l’Antarctique avec seulement deux jours de mer de navigation, n’en reste pas moins un endroit dont la traversée peut s’avérer violente. Deux jours de mer, certes. Mais deux jours souvent pénibles dans des conditions hostiles: tempêtes terribles, mer démontée et creux de dix mètres… Le tout dans des eaux où séjournent des baleines, des dauphins, des albatros et des manchots. Une certaine idée du paradis, en somme…