Le mini-lab – En savoir plus

Un mini laboratoire au régime « sans sel »

Le nouveau 60 pieds de Bernard Stamm est avant tout un bateau racé et agressif taillé pour la course, et le marin suisse est là pour faire fumer l’écume dans des surfs endiablés. Il faut le savoir. Comme les autres compétiteurs du grand large, il a un mental taillé dans le carbone et le surpoids n’a pas sa place à bord. Le Mini Lab embarqué va donc devoir se mettre à la page et se faire tout petit. Le skipper devrait hisser les voiles en compagnie de trois mini-­‐boîtiers à peine plus gros mais presque plus compliqués qu’une montre suisse : dotés de sondes, pensés pour éviter l’accumulation de dépôts, vidés et vidangés entre chaque mesure, c’est le tarif du bord, et une véritable mécanique de précision. Les analyses seront ultra-­‐rapides, permettant ainsi des prises de mesures toutes les heures. C’est une autre course dans la course, contre tout poids superflu. Celui de l’ensemble du laboratoire ne devrait pas dépasser huit kilos. Les deux plus gros boîtiers destinés à mesurer la fluorescence et la pression partielle de CO2 n’embarqueront d’ailleurs qu’après une petite cure d’amincissement. Parole de marin !

Un mini laboratoire océanographique en course autour du monde

Le laboratoire miniaturisé qui embarquera autour du monde, baptisé Mini Lab -­‐ pour réduire jusqu’au poids des mots -­‐ est un ensemble de trois boîtiers capables de fournir en temps réel des données océanographiques. Il sera encore, cela va sans dire, extrêmement économe en matière de consommation d’énergie.

  • Le premier boîtier de captation tout en carbone peut contenir moins d’un litre d’eau. Il regroupe un ensemble de capteurs qui vont permettre de mesurer des paramètres tels que la température, la conductivité, la turbidité et le taux d’oxygène dissous.
  • Le deuxième boîtier permet de connaître la teneur en plancton végétal (ou phytoplancton) des eaux traversées par le bateau, en mesurant la fluorescence in-­‐vivo, et ainsi obtenir des données sur la biodiversité à l’échelle de la biosphère océanographique.
  • Le troisième boîtier mesure la pression partielle de CO2, ou PCO2, élément essentiel à la compréhension des mécanismes du changement climatique et en particulier du phénomène d’acidification des océans. Ces deux derniers capteurs sont d’ailleurs toujours en phase d’amincissement.

Des données pompées dans l’océan

Un système de pompes, placé sous la ligne de flottaison du bateau, et de tuyaux, alimentera les boîtiers en eau de mer de façon automatique. Afin de viser un allégement maximum, le système est vidé entre chaque mesure. L’eau est pompée, analysée par les différents capteurs, puis vidangée. L’opération sera renouvelée toutes les heures, et les données enregistrées intègreront à terme des centres de données pour participer et éclairer des programmes de recherches en océanographie. Une première validation a eu lieu dans les aquariums d’Océanopolis (tempéré, polaire et tropical), les résultats sont encourageants selon les ingénieurs. « Marier mes objectifs de course à ceux des scientifiques n’est pas toujours une évidence et c’est là que réside le défi que nous avons la chance de relever », explique Bernard Stamm qui trouverait tellement dommage de naviguer sur tous les océans du monde avec pour seul objectif d’arriver le premier.

Océanopolis dans un aquarium grand comme un océan

Le projet baptisé Rivages a immédiatement passionné toute l’équipe d’Océanopolis animée, bien entendu, par toutes sortes de préoccupations sous-­‐marines et environnementales. Ce partenariat avec un coureur du grand large et des océanographes le confirme. L’observatoire marin, situé à Brest, se veut à mi-­‐chemin entre la recherche et l’aventure. Oui, partir à la voile mesurer de quoi sera faite la mer de demain est une idée dans le vent qui devrait faire son chemin. A Océanopolis Brest, on affiche un double objectif : demeurer la belle vitrine des océans du monde entier mais aussi alerter le monde entier pour qu’elle le reste.

Sur le même sujet, découvrez notre vidéo « Le mini-lab ».