Le Benguela, une richesse très prisée – En savoir plus

Les sardines, le fabuleux festin d’Afrique du Sud

Entre autres richesses, l’extrême sud de l’Afrique du Sud compte le cap de Bonne-­‐Espérance, lieu de rencontres tumultueuses entre les océans Atlantiques et Indien. Deux courants, deux températures opposées et le résultat est là : de violentes tempêtes, mais aussi un écosystème d’une très grande variété. Une prolifération d’espèces à laquelle participent les sardines qui, au début de l’hiver, empruntent la pointe sud de l’Afrique du Sud pour entamer leur remontée vers le nord. Leur migration est aussi importante qu’incroyable puisque, entre courant chaud et courant froid, de gigantesques bancs de sardines se déplacent au large du cap de Bonne-­‐Espérance, dessinant la silhouette d’un serpent noir dont la longueur peut atteindre 40 kilomètres ! Une aubaine extraordinaire pour les nombreux prédateurs qui séjournent dans ces eaux : baleines, dauphins, requins, otaries, personne ne manquerait le rendez-­vous de la migration des sardines et chacun veut sa part du gâteau.

Les mammifères marins se pressent au festin et se réunissent autour des bancs. Ce faisant, c’est un tableau extrêmement réglé qui se met en place. Encerclées, les sardines remontent vers la surface et deviennent alors des proies faciles pour les fous de Bassan dont les piqués, qui atteignent les 70 Km/h, leur permettent de plonger dans l’eau à quelque dix mètres de profondeur ! Pendant ce temps-­‐là, pendant que les dauphins jouent les maîtres de cérémonie et donnent l’impression de gérer cet étrange ballet carnassier, les requins attendent patiemment leur tour, avec la sagesse de ceux qui savent que leur heure viendra. Pour les sardines rescapées, la remontée vers le nord se poursuit alors et, en été et au mois de novembre, elles donnent naissance à leurs petits. Plus tard, au mois de mai, les bancs entameront le chemin du retour et mettront cap au sud. Les petits auront grandi. Ils deviendront alors, à leur tour, prédateurs et proies.

Impressionnant Fou du Cap

Au moment de fondre sur sa proie, le Fou du Cap ne se lance pas seulement dans un carnage, il se donne en spectacle. Un spectacle cruel quoique naturel, mais en tout cas hors-­‐norme. Ce palmipède d’un blanc presque immaculé se réunit avec les siens au-­‐dessus des mers qui jouxtent la pointe sud de l’Afrique et s’amusent des bancs de sardines qui y passent, au moment de leur migration vers les eaux du nord. Alors, la parade peut débuter, le Fou du Cap profitant de ses capacités naturelles extraordinaires : une faculté à suivre sa proie en nageant afin de gagner la plus grande profondeur possible, un crâne solide qui lui permet d’absorber la violence des chocs avec laquelle il heurte la surface de l’eau…

Véritable torpilleur des mers, le Fou du Cap s’élance de quelque 30 mètres de hauteur, replie ses ailes pour gagner en aérodynamisme, atteint ainsi des vitesses qui flirtent avec les 100 km/h, et plonge à 10 mètres de profondeur. L’onde de choc qui s’ensuit est si terrible que les sardines qui en sont victimes s’en trouvent aussi désorientées qu’abasourdies. Le Fou du Cap n’a alors plus qu’à se servir. Le spectacle de ces véritables essaims qui torpillent la surface de l’eau en des gerbes d’eau immenses prend des allures de ballet aérien et marin qui tient presque du feu d’artifice.

 

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