L’acidification des océans – En savoir plus

La salinité, une question de dosage

La salinité, élément essentiel de l’eau de mer, se mesure : elle a un taux. Et quoi de mieux qu’un bateau de course équipé d’un Mini Lab pour effectuer des relevés aux quatre coins du globe, loin des routes commerciales, dans le vent glacé, dans des zones peu fréquentables ? Tout cela pour être bien certain de retrouver, en moyenne autour du globe, 35 grammes de sel par litre d’eau de mer. Un tour du monde pour mieux cerner, aussi, les vertus du sel de mer, juste histoire de devenir plus savant qu’hier. L’eau de mer renferme, à elle seule et en quantité infime, la quasi-totalité des éléments chimiques. Des éléments indispensables qui ne sont d’ailleurs décelables que concentrés dans des organismes marins. Du nickel, du plomb, ou encore le cobalt se retrouvent dans les moules, par exemple. Enfin la masse de sel, encore et toujours, quand on parle des masses d’eau océaniques en perpétuel mouvement, non seulement en raison des courants de surface, mais aussi en raison des paramètres de température et de…. salinité.

Cette eau de mer qui devient plus acide

Effet pervers de l’ère industrielle, l’augmentation du gaz carbonique rejeté dans l’air agit, non seulement sur le climat, mais aussi, et on commence à le mesurer, sur la chimie des océans. En clair, l’eau de mer devient plus acide (son PH diminue) à une vitesse et des proportions alarmantes. C’est ce qu’on appelle l’acidification des océans. Chaque jour, près de 79 millions de tonnes de CO2 sont libérées dans l’atmosphère, en raison de la combustion des énergies fossiles, de la déforestation et la production de ciment. Dans les mêmes 24 heures, participant activement à modérer le réchauffement global, l’océan en absorbe 25 millions de tonnes. Un phénomène qui n’est bien sûr pas sans conséquence pour le milieu marin. L’effet direct du CO2, qui est un polluant acide, consiste en une diminution des ions carbonates, une variété pourtant nécessaire à la fabrication de squelettes de nombreux organismes marins. Et les coquilles n’échappent bien sûr pas à la règle. Attention danger !

Mers et océans, une addition salée

Plongez-­vous dans la Mer Morte, située au Proche-­Orient, et goûtez à cette étrange sensation de flotter, comme porté par des brassières d’enfant. Pourquoi ? Parce que la Mer Morte est une des plus salées au monde, tout simplement. Sa densité est telle que tout corps qui y est immergé se retrouve instantanément tiré vers le haut. Un conseil : oubliez votre envie de battre le record du 100m nage libre, du moins si vous êtes en vacances du coté du Proche Orient. Alors bien sûr, Bernard Stamm n’y passera pas. En revanche, le Mini Lab pourra récupérer des échantillons d’eau qui permettront d’en étudier la salinité, soit la quantité de sel sec qui y est dissout. Parce que c’est bien de salinité dont il est question là. A titre d’exemple, quand les océans du globe témoignent d’une teneur moyenne en sel de 35 grammes par litre, la Mer Morte en avance quelque 300 ! D’où son extrême densité. Des Sables d’Olonne au Pot au Noir, en passant par le Cap de Bonne Espérance, c’est toute la salinité des différentes eaux du monde qui s’offrira au Mini Lab de Bernard Stamm.

Sachez, pour la petite histoire, que le volume des océans, estimé à plus de 1300 millions de km3, contiendrait environ 48 millions de milliards de tonnes de sel…

PH et acidification des océans partent à vau-­l’eau

Ce n’est plus une hypothèse, c’est un fait : l’utilisation des combustibles fossiles que sont le charbon ou autre pétrole a entraîné de vraies conséquences en terme de réchauffement climatique. Moins connu et pourtant tout aussi évident, cette utilisation irraisonnée entraîne dans son sillage une acidification des océans, elle-même due aux quelques 80 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) libérées dans l’atmosphère chaque jour par le biais de la combustion de carburants fossiles, de la déforestation… Principal bouclier, mais aussi première victime de cette utilisation intensive : l’océan. Sans lui, la quantité de CO2 dans l’atmosphère serait bien plus importante encore. Et les conséquences sur le climat sont plus dramatiques. Car ce CO2 qui se dissout dans l’eau de mer entraîne une diminution de son pH, d’ou le terme « acidification». Et c’est là que le bas blesse.

Non pas que les océans vont devenir plus acides, au sens où leur pH ne deviendra pas inférieur à 7, du moins cela ne se fera-­t-­il pas demain. Mais leur pH baisse et de manière alarmante. L’eau qui les constitue devient plus corrosive. Au point qu’elle pourrait finir par dissoudre le calcaire dont sont pourtant constitués coquilles et squelettes, organismes planctoniques et coraux profonds dont le rôle au sein de l’écosystème est essentiel. Ainsi, les ptéropodes, petits escargots planctoniques présents en très grand nombre dans les eaux polaires, pourraient-­ils disparaître, eux qui sont à la base de l’alimentation de nombreuses espèces (baleine, saumon).

A noter, enfin, que les zones polaires seront, forcément, les premières à être impactées par une évolution vers une trop grande corrosivité. Le CO2, à l’image de tout autre gaz, est plus soluble dans des eaux de température faible.

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