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Simon Brunisholz, l’autre Suisse!

Il est l’autre Suisse de l’équipe du monocoque Rivages. A 25 ans, Simon Brunisholz est un passionné comme on en fait peu. Piqué au virus de la voile, ce natif de Blonay, commune de la Riviera vaudoise située entre Montreux et Vevey, cherchait un sujet de fin d’étude pour clore son cursus d’ingénieur, avec l’envie farouche de lier sa formation à la course au large. Une rencontre avec Pascal Vuilliomenet de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, très impliqué dans le partenariat avec Bernard Stamm, lui ouvre la voie d’un sujet – l’analyse du pilote automatique dans sa partie mécanique – et la perspective d’une mise en pratique.

A la fin de ce mémoire, Simon prend contact avec son compatriote et lui propose ses services. Les effectifs du marin sont alors complets, mais quelques mois plus tard, celui-ci se souvient de l’offre et contacte le jeune homme pour savoir si sa proposition tient toujours. Plus enthousiaste que jamais, il quitte tout en deux semaines et pose son sac à Brest au début du mois d’août 2011. Engagé en tant que préparateur, il assure également l’interface avec l’EPFL et fait le lien avec le Team. Au fil du temps, il étoffe la liste de ses connaissances et complète son savoir-faire en prenant en charge la partie hydraulique, en touchant à la stratification et à l’entretien général du bateau.  A quelques jours du départ, c’est sur un sujet clé que Simon porte son expertise en veillant à la finalisation des installations médias qui permettront à Bernard de partager son défi.

 

Une garde-robe taillée pour le globe

Avec une navigation estimée à 80 jours – 76 si l’on en croit le directeur de course – le Vendée Globe peut-être considéré comme un challenge sportif autant que logistique. A désormais presque un mois du départ, si Bernard Stamm se concentre sur l’aspect technique et les entraînements, au sein de son équipe, on s’active afin qu’il ne manque de rien en mer. Parmi les sujets clés d’une bonne appréhension du tour du monde en solitaire : la garde-robe du marin. Ainsi le skipper du monocoque Rivages s’apprête-t-il à traverser les saisons et à rencontrer des conditions climatiques qui passeront d’un extrême à l’autre. Pour les affronter, Catherine Rouge, sa compagne, veille au grain et nous dresse l’inventaire des vêtements qui partiront avec le Suisse dans cette quête du Globe…

Côté cirés, l’éventail des choix sera large puisque deux ensembles complets de cirés lourds pour affronter le Sud, avec manchons en néoprène et deux ensembles complets de cirés légers pour des conditions plus « clémentes », trouveront place à bord. Pour les conditions extrêmes, Bernard aura le choix entre une combinaison sèche et, au besoin, une combinaison de survie (équipement dont l’usage est suggéré par son nom, mais qui sert également aux marins pour affronter les climats les plus rudes). Pour la chaleur et le confort, six polaires, deux salopettes et deux blousons intermédiaires (mid layer) seront embarqués. En guise de première couche de vêtements, une vingtaine de tee-shirts à manches longues, courtes, légers et lourds fera l’affaire, quand une vingtaine de paires de chaussettes se glissera sans le sac. Pour la tête, des bonnets pour affronter le froid et un grand chapeau à large bord pour le soleil.

Autant dire qu’un solitaire n’est rien sans ses mains, alors pour les protéger les gants seront inévitables, avec notamment une paire de gros gants de pêcheurs pour les interventions sur le matériel. De la tête aux pieds… Bernard sera chaussé au choix de bottes avec ou sans guêtres, souvent portées avec des chaussettes en gore-tex en fonction de la température, ou de Crocs™ pour les journées plus clémentes. Enfin, au cas où, il aura même un maillot de bain à bord. Rationnalisée et complète, la garde-robe attend elle aussi son heure…

 

Vous avez dit performance ?

Aventure humaine par excellence, le Vendée Globe est également un défi technologique de haute volée. A terre et en mer, tout est fait, pensé et conçu pour optimiser le potentiel des machines.

Au sein de l’équipe de Bernard Stamm, c’est à Philippe Legros que revient la lourde tâche de compiler un maximum d’informations, de les digérer, de les décortiquer, pour en exprimer la substantifique moelle. En charge de la performance, il détaille les grands axes de sa mission :  » Cette partie « performance » repose sur toute une série de mesures, à commencer par les polaires du bateau qui servent à tout le reste. Nous prenons également en compte tout ce que nous pouvons régler à bord. Nous testons l’efficacité des dérives, des ballasts pour en définir l’utilisation, mais aussi les combinaisons de voiles pour obtenir les ranges. Toutes ces données nous permettent d’avoir un guide du bateau qui, une fois rentré dans l’ordinateur, offre à Bernard de quoi opter pour les réglages optimaux ».

Etudié à la loupe donc le couplage entre l’aérodynamisme du monocoque Rivages et l’hydrodynamisme, soit le rapport entre les voiles et la coque, fourni des données essentielles qui une fois enregistrées, analysées par un logiciel spécifique et mises en relation avec les différentes conditions météorologiques permettent d’obtenir le « mode d’emploi » optimal du bateau, les valeurs maximales de performance. Des informations précieuses pour permettre à Bernard Stamm de tirer le meilleur de son compagnon de route autour du monde.

 

Le temps des Sables d’Olonne est venu!

C’est la période de la grande transhumance pour les monocoques qui quittent peu à peu leur base pour gagner la Vendée. Pour tous un impératif : avoir rejoint Les Sables d’Olonne pour le 19 octobre au plus tard. En élève appliqué, Bernard Stamm s’est donc acquitté de cette obligation, ralliant ainsi le port de départ du tour du monde hier, mardi 16 octobre, au terme d’un convoyage rondement mené malgré une météo un peu chahutée. Amarré au ponton officiel de Port Olonna, le 60 pieds Rivages et toute l’équipe du skipper suisse ont donc pris leurs quartiers à quelques centaines de kilomètres de leurs attaches brestoises. Pour tous, une période bien particulière s’annonce ; celle des ultimes préparatifs, peaufinages et sollicitations. Un marathon qui prendra fin le 10 novembre… avant le top départ d’un autre !

Ils étaient brestois jusqu’à il y a encore quelques heures, les voici désormais sablais. Ainsi va le quotidien d’une équipe plongée au cœur de l’aventure Vendée Globe. Si cette arrivée en Vendée fait bien évidemment partie des passages obligés, elle vient également concrétiser des mois passés dans les chantiers et sur les plans d’eau à préparer le grand rendez-vous. Mais l’amarrage aux Sables n’est bien évidemment pas une fin en soi et ni Bernard ni les membres de son équipe n’auront réellement de répit d’ici au départ. Ainsi, si le skipper du monocoque Rivages a remis le cap sur la Bretagne ce mardi, c’est pour mieux finir de préparer ses sacs et revenir dès ce week-end en Vendée pour l’ouverture officielle du village, la photo de famille et le premier briefing. D’ici au 10 novembre, il devra se soumettre à de nombreuses obligations afin de justifier de la totale conformité du projet avec les règles émises par l’organisation. Contrôle méticuleux de l’équipement de sécurité, de la trousse à pharmacie, tests de communications satellites… Rien ne sera laissé au hasard. Soumis à l’obligation d’envoyer des images photos et vidéos pendant toute la durée de ce tour du monde, le Suisse validera également le fonctionnement du matériel installé à bord, afin d’avoir le maximum de garanties de pouvoir faire vivre sa course au plus grand nombre.

Contrôles, médias, météo… dodo

Mais le planning de Bernard Stamm devra également faire une place importante aux nombreux rendez-vous médiatiques déjà soigneusement calés… sans compter ceux qui viendront se rajouter en dernière limite pour des questions de direct souvent. A compter du 20 octobre, le village et le ponton du Vendée Globe s’ouvriront au public. Des centaines de milliers de visiteurs sont attendus, petits et grands qui viendront, au contact des bateaux et des marins, empocher leur part de rêve. D’un naturel très généreux, le Suisse aura à cœur de partager avec ces passionnés ou simples badauds, un peu de son tour du monde.

Au milieu de tous ces moments incontournables, il lui faudra réussir à se ménager un peu de repos, du temps pour sa météo, et quelques « mini breaks » qui faciliteront son entrée en douceur dans sa bulle de solitaire. Pour l’aider dans ce passage du quotidien de terrien à celui de marin, il pourra s’appuyer sur une équipe solide et rôdée qui veillera aux ultimes détails d’un bateau déjà manifestement prêt. Cette joyeuse garde rapprochée d’ores et déjà installée aux Sables d’Olonne mettra toute son expertise et son enthousiasme à faire que Bernard n’ait à se soucier que de météo et de stratégie le moment venu. Pour eux tous, c’est un compte à rebours un peu particulier qui vient de débuter !

 

Naviguer encore et toujours !

Chaque jour qui passe voit se préciser le grand départ du 10 novembre et d’ici là il reste à régler tous ces petits détails qui font une préparation complète et parfaite. Mais pour Bernard Stamm, l’heure est également aux derniers entraînements.

Au large de Port-La-Forêt, chaque semaine apporte son lot de révisions en vue du tour du monde. Enchaînement de manœuvres, parcours techniques et navigations plus longues rythment alors les jours et les nuits des solitaires et de leurs équipes. Un programme qui sied au skipper du monocoque Rivages qui peut enfin laisser exprimer le potentiel de sa monture face à la concurrence :  » Nous progressons parce que nous commençons à utiliser le bateau… avant nous cherchions à le finir ! Nous avons une configuration définitive que nous pouvons désormais exploiter. Jusqu’à présent, nous savions que Rivages allait vite, mais nous perdions du temps dans les manœuvres. Tout ca se comble, nous pouvons maintenant régater au contact et ça c’est une très bonne chose. Il y a très peu d’écart avec nos concurrents, c’est très serré. C’est plutôt rassurant ! Nous prenons nos automatismes « .

Des entraînements menés par le centre Finistère Course au large qui visent aussi à satisfaire l’une des obsessions du moment au sein de chacun des teams : la fiabilisation des bateaux. Ainsi ces sorties sont-elles également propices à pousser certaines pièces dans leurs retranchements afin de s’assurer que ce qui doit casser le fasse avant le départ. Ne rien laisser au hasard, encore et toujours !

 

Alimentation : la clé de la performance

A deux mois du départ du Vendée Globe, dans les chantiers, on pense performance, sécurité, météo. Si l’ensemble des aspects techniques est passé au crible, il est un domaine auquel chacun apporte une attention plus ou moins appuyée :  l’alimentation. Pendant longtemps, le fait d’avoir à se nourrir en mer, à l’échelle d’un tour du monde, a d’avantage constitué une nécessité qu’un plaisir. Les temps changent et les marins aussi. Très tôt, Bernard Stamm a fait de cet aspect de la course un point important de sa préparation. Sur les conseils d’un nutritionniste et grâce au partenariat avec la société suisse Novaé, spécialisée en restauration haut de gamme, le skipper de Cheminées Poujoulat s’apprête ainsi à s’aligner avec une caisse de bord à la hauteur de ses ambitions.

Sachets lyophilisés aux saveurs parfois douteuses, variété inexistante et carences évidentes… Les idées reçues ne manquent pas quand il s’agit de conjuguer alimentation et tour du monde. La faute à ces navigateurs qui ont pendant longtemps relégué la notion de plaisir tiré du fait de se nourrir en mer aux oubliettes et à l’inévitable chasse au poids. Depuis quelques années pourtant, nombreux sont ceux qui ont admis l’évidence et l’importance de bien manger en course. Particulièrement attentif à son bien être, Bernard Stamm en a fait un élément de sa performance. Pour l’aider dans cette lourde tâche il a pu compter sur la société Novaé, à ses côtés depuis 2009, et sur le nutritionniste bordelais, Stéphane Delage, qui le suit depuis 2008. Ainsi, appliquant un programme très précis élaboré spécifiquement pour le navigateur par ce dernier, l’entreprise partenaire a-t-elle planché avec ses cuisiniers et sa diététicienne, sur des plats adaptés au défi que représente le Vendée Globe.  » J’ai demandé à Bernard de faire une simulation de ses activités sur 90 jours. En course au large, les conditions climatiques et météorologiques changent de manière radicale. Les apports énergétiques journaliers vont varier en fonction de la température, de 3000 à 3400 calories par jour. L’alimentation doit s’adapter, mais elle ne doit surtout pas être contraignante. En mer, elle n’est pas une priorité pour le marin. S’il n’a pas de plaisir, il ne mange plus. Le goût est donc primordial « .

Tenant compte de ces grands principes de saisonnalité et des préférences culinaires du skipper du projet Rivages, Novaé, a donc élaboré des plats sur mesure, conditionnés pour un tour du monde selon deux méthodes :  la stérilisation (cuisson de poches alu dans une grosse cocotte minute pendant deux heures à 120°c) et la lyophilisation (extraction de l’eau des aliments et de la recette totale par surgélation). Variés, agréables et presque « festifs » selon l’équipe du traiteur suisse, les menus de Bernard Stamm devrait donner de la couleur à la belle boucle océanique et de l’énergie à revendre face aux conditions difficiles.

 

Le stacking track : une innovation indispensable pour le team du bateau de Rivages!

Le stacking track ou rail de matossage du monocoque Cheminées Poujoulat est l’une des grandes fierté du team… et à juste titre ! Pour un initié, la petite – voire grande – innovation maison revêt d’abord un caractère esthétique indiscutable. Bien alignées, les jolies caisses de carbone fermées par des « rideaux » de voile auraient ainsi largement leur place dans les magazines de décoration et de design. Mais pour Bernard Stamm, l’intérêt est ailleurs et indiscutable. Particulièrement friands de déplacement de poids, les 60 pieds qui s’apprêtent à faire le tour du globe sollicitent donc constamment les marins.

Pour limiter au maximum cette contrainte et optimiser le rangement de ces intérieurs souvent sommaires qui ne souffrent aucun désordre, le Suisse et ses hommes ont pensé utile, fonctionnel et efficace ! Se servant d’un renfort existant entre les bastaques à l’arrière du bateau et le mât, en forme de fer à cheval, l’équipe a tiré parti de cette contrainte structurelle sans alourdir d’avantage la monture. Résultat ? Deux fois 16 mètres de rails et 2’000 vis en titane plus tard : un système particulièrement ingénieux de rangement et de répartition des poids fixé au plafond. Les 7 caisses qui se déplacement d’un bord à l’autre, au gré des conditions et des allures, contiendront ainsi toute la nourriture (3 caisses), le matériel de rechange ou encore tous les éléments de sécurité non plombés à commencer par la trousse médicale. Avec une charge maximale de 100 kg par caisse, l’espace de vie de Cheminées Poujoulat devrait être particulièrement dégagé.

 

Préparation pour le Vendée Globe : ces petits détails qui changent la vie…

Dans à peine plus de deux mois, Bernard Stamm partira à l’assaut du globe. D’ici là, le compteur va tourner : pas assez vite parfois, trop rapidement souvent. Il va falloir au Suisse et à son équipe mettre à profit chaque instant pour finaliser et optimiser la préparation de Cheminées Poujoulat, afin de permettre au duo de partir à 200% de son potentiel. En la matière, les premières grandes navigations, à commencer par l’Europa Warm Up, ont permis de donner au team quelques pistes de réflexion pour améliorer des petits points de détails qui pourront représenter de réelles révolutions à l’échelle d’un tour du monde. Au premier rang d’entres elles, le système de matossage des voiles. Ainsi, le navigateur sera amené à déplacer régulièrement les différentes charges pendant son tour du monde, s’imposant des efforts souvent colossaux. Pour soulager sa peine, l’équipe a installé des petits points fixes dans le bateau afin d’y accrocher les 400 kg de voiles par un système de palans et de bouger plus aisément les poids de l’avant à l’arrière du bateau en fonction des besoins. Pour y aider sans peine, les ouvertures dans les cloisons ont été arrondies et adoucies, dans un souci de fluidité.

Côté confort, une zone humide va être créée à l’entrée du bateau. Jusqu’à présent, les allées et venues entre l’extérieur et l’intérieur entraînaient une augmentation de l’humidité, déjà fortement présente à bord d’un monocoque de compétition. Pour limiter le phénomène, un sas en toile cuben et parois transparentes va servir de vestiaire, où seront suspendus cirés et vêtements gorgés d’eau. Bernard rentrera désormais dans sa zone de vie le plus sec possible.

Autre petite modification, les extrémités des barres de flèches vont être habillées. Assez fines et constituant de véritables couteaux pour les voiles à recouvrement type code zéro, ces parties du gréement vont donc se voir habillées de petits goussets de cuben et devenir ainsi plus glissantes et moins agressives.

Enfin, les hydrogénérateurs en cours de finalisation vont venir pallier complètement le moteur dès que le bateau atteindra 10 nœuds et le soulagera grandement à l’échelle du tour du monde.