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Bonnes conditions pour les méduses

Ces méduses, graciles et venimeuses

Apparues sur terre il y a plus de 600 millions d’années, les méduses ont “colonisé” les mers, mais aussi, pour certaines espèces plus rares, les eaux douces. En mer, elles peuvent vivre à des profondeurs proches des 4’500 mètres. Avec leur corps gélatineux sans coquille ni carapace appelé ombrelle, les méduses appartiennent aux espèces planctoniques. Et bien qu’elles soient capables de réaliser des mouvements à l’aide des muscles de l’ombrelle, elles se laissent plutôt porter par les courants marins. Les méduses sont multiples: comprenez qu’il en existe un peu plus d’un millier de différentes, qui se distinguent par leur taille, leur couleur, leur forme… L’autre particularité des méduses tient à leur régime alimentaire. Pas de mâchoire ni de dents, et elles comptent pourtant parmi les carnivores et passent même pour de redoutables prédateurs. Leur arme : ces tentacules qui trainent et qui capturent les proies. Enfin, ce qui a évidemment rendu l’espèce célèbre est son pouvoir urticant, les piqûres de méduses étant terriblement douloureuses. Certaines d’entre elles, à l’image de celle que l’on appelle la “ guêpe de mer ” qui séjourne dans les eaux australiennes, sont mortelles. En chiffres, le degré de nuisance des méduses fait froid dans le dos : pour certains spécialistes, elles tueraient chaque année 10 fois plus que les requins, par exemple. Les eaux de la Méditerranée se voient ainsi, chaque année, envahies par ces cohortes de méduses. Parce qu’il s’agit bien de cohortes ! Certains bancs de méduses peuvent s’étaler sur plus de 10 kilomètres et compter jusqu’à 100 individus au mètre carré ! En 2007, en Espagne, ce sont quelque 70’000 personnes qui avaient été piquées…

Pour certains spécialistes, là encore, la pullulation des méduses pourrait être le fruit des activités humaines : les pêcheurs pratiquant la surpêche tuent les prédateurs des méduses que sont les thons, les sardines ou encore les tortues et contribuent ainsi à leur développement. De même, le rejet en mer d’engrais agricoles contenant nitrates et phosphates favorise la création d’algues et de zooplancton qui servent de garde-­manger aux méduses, et pourrait aussi être pointé du doigt. Enfin, le réchauffement des océans, et donc la chaleur de l’eau, n’est pas pour déplaire aux méduses qui, au lieu de développer une seule génération par an, en donnent désormais deux par an…