Bientôt la fin du chapitre

C’est la dernière ligne droite pour Bernard Stamm. Dans quelques jours, le skipper du monocoque Rivages fera son retour à terre pour des retrouvailles attendues avec ses proches, son équipe, ses partenaires et l’ensemble de ses supporters. Le mercredi 6 février, dans l’après-midi, le Suisse coupera symboliquement la ligne d’arrivée du Vendée Globe. Hors course depuis son ravitaillement en carburant au cap Horn, il sera fêté comme les autres concurrents dans le chenal des Sables d’Olonne. Mais avant cette émotion unique, il lui faut encore avaler les derniers milles d’un océan Atlantique qui n’aura pas ménagé ses effets depuis un mois.

1400 milles tout au plus, telle est la distance qui s’affiche au compteur du monocoque Rivages avant le plancher des vaches. Une poussière à l’échelle de ce que le navigateur vient de parcourir, mais peut-être les milles les plus sensibles depuis longtemps. Entré en Atlantique le 9 janvier, Bernard cravache depuis à belle vitesse, bien décidé à démontrer, même hors course, que sa monture est l’une des plus performantes de sa génération. Une preuve par les faits et par sa progression qui force l’admiration. Ainsi, malgré un anticyclone synonyme de vents faibles aux abords du Brésil et des conditions plus musclées ensuite au large de Rio, le Suisse garde le cap, et le bon !

De retour dans l’hémisphère nord depuis le 25 janvier dernier, il doit maintenant composer avec les derniers écueils qui se dressent sur sa route, à commencer par la négociation de l’anticyclone des Açores qui lui impose de choisir entre deux alternatives : une route plus directe mais une navigation au près, ou un chemin détourné au portant, rallongeant la trajectoire. Une fois le phénomène dans son sillage, le marin pourra peut-être se projeter petit à petit vers l’arrivée. Mais avant le soulagement d’en avoir terminé avec son tour du monde en solitaire, l’approche de la Péninsule ibérique, puis le Golfe de Gascogne, seront deux passages obligés autant que redoutés. Un trafic maritime dense rendra ainsi la nécessité de veille permanente pour éviter de voir tant d’efforts réduits à néant. Rappelons ainsi que c’est dans le sens de la descente que deux concurrents – Kito de Pavant et Louis Burton – avaient vu tous leurs espoirs s’envoler après quelques heures de course et la collision avec des bateaux de pêche. A ce paramètre viendra certainement s’ajouter un système météo placé sous l’influence d’une dépression hivernale qui rendra les ultimes milles plus qu’éprouvants.

Si la fin de la boucle semble donc relativement proche, il faudra retenir son souffle jusqu’au bout. Jusqu’au mercredi 6 février, date estimée de l’arrivée de Bernard Stamm en baie des Sables d’Olonne. Un retour du marin et la fin d’un combat que ses soutiens seront nombreux à fêter !