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Mythe et réalité du calamar géant

Architeutis, ou calamar géant. Mythe ou réalité ? Un mythe, au départ, probablement, qui hantait les récits de marins. C’était alors le temps du Kraken de la mythologie scandinave, un « crabe-­poisson » qui atteignait plusieurs kilomètres de long et auquel Jules Verne fit référence en 1870 dans « 20’000 lieues sous les mers ». En 1857 pourtant, à l’époque où de nombreuses expéditions sillonnent les mers, les restes de plusieurs spécimens sont découverts, confirmant la thèse de l’existence de ces poulpes géants. Et puis, les années passent. Malgré des restes gigantesques de calamars retrouvés dans les entrailles de certains cachalots, le plus grand invertébré du monde demeure encore un mystère jamais observé, ou du moins vivant. Jusqu’en 2005. Une équipe de scientifiques japonais qui croise au large des îles Bonin, en mer de Chine, réussit alors à photographier un spécimen en train d’attaquer une proie par 900 mètres de profondeur. D’après les analyses, il mesure huit mètres de long… Un peu plus tard, en 2007, c’est au large de l’Antarctique que des pêcheurs néo-­zélandais capturent un calamar dit «colossal». Poids : 450 kilos ! Enfin, depuis le 26 mars 2008, au Muséum d’histoire naturelle de Paris, un spécimen mesurant neuf mètres de long est exposé dans la galerie de l’évolution. Preuve est ainsi faite de la réalité de ces invertébrés qui ont hanté tant de récits et dont la littérature marine avait fait un mythe. Mais, malgré tout, le calamar géant, parce que difficile à approcher (il vivrait à des profondeurs comprises entre 1’000 et 2’000 mètres), n’a pas délivré tous ses secrets. La seule chose qu’ont pu observer les scientifiques japonais à l’origine du premier cliché d’un spécimen vivant, c’est que le calamar, au contraire de ce que la légende laissait présager, est un animal dont l’attaque est rapide, aidée en cela par des tentacules aussi réactives qu’agressives.

Dans les yeux du cœlacanthe, 400 millions d’années vous contemplent

On le pensait fossile et il est apparu au grand jour, en 1938 : un cœlacanthe, véritable fossile vivant vieux de 400 millions d’années, fut pêché dans l’océan indien. 60 kilos pour 150 centimètres de long, grosses écailles, mâchoire solide munie de dents… Le cœlacanthe refaisait surface alors qu’on le croyait disparu. Puis on s’aperçut qu’il existait encore bel et bien dans l’archipel des Comores dans une colonie regroupant quelques centaines d’individus. En 1998, une deuxième espèce de cœlacanthe fut découverte, cette fois-­ci en Indonésie. Le plus étonnant dans cette « résurrection » réside finalement dans le fait que, si la redécouverte de ce poisson fit sensation dans le Landerneau scientifique, les habitants des Comores, eux, restèrent de glace. Et pour cause : ils pêchaient le cœlacanthe depuis longtemps, le consommaient aussi et se servaient même de sa peau écailleuse comme d’un papier de verre… Deux espèces de coelacanthes sont désormais répertoriées, et quelque 200 spécimens ont été capturés depuis les années 50. Il s’agit d’un carnivore qui se nourrit principalement de poissons. Sa survie, quant à elle, est loin d’être assurée puisque le cœlacanthe, victime des pêcheurs qui le capturent involontairement, est classé sur la « liste rouge » de l’UICN en tant qu’espèce en danger extrême d’extinction. La population du cœlacanthe serait aujourd’hui comprise entre 300 et 600 individus. Ce fossile vivant est donc en train de devenir un comble à lui tout seul : disparaître en quelques décennies à cause de l’homme, après avoir traversé tranquillement de si nombreux millénaires…

 

La vidéo sur les profondeurs des océans est à découvrir ici.